
À propos de l’auteur
Vincent Constant
Ingénieur en Transition Énergétique
Directeur Général – ENOV
Le secteur de l’audit énergétique est en pleine effervescence. En effet, les obligations réglementaires se renforcent, les bâtiments tertiaires sont de plus en plus concernés et les professionnels qualifiés manquent encore à l’appel. Autant dire que le moment est bien choisi pour se lancer.
Obtenir son agrément d’auditeur énergétique suit un chemin précis, avec ses certifications, ses formations et ses exigences réglementaires. Rien d’insurmontable, mais encore faut-il savoir par où commencer.
Profils éligibles, certifications reconnues, coût et contenu des formations, salaires, perspectives de carrière. Vous trouverez ici toutes les réponses pour avancer avec clarté.
Sommaire de l’article :
- Qui peut réaliser un audit énergétique et quelles sont les conditions pour devenir auditeur certifié ?
- Quelle formation suivre pour auditer un bâtiment tertiaire selon la norme NF EN 16247 ?
- Auditeur énergétique vs gestionnaire de l'énergie : quel métier, quel salaire, quelles perspectives ?
- Auditeur énergétique agréé : un métier d'avenir qui se prépare aujourd'hui
Qui peut réaliser un audit énergétique et quelles sont les conditions pour devenir auditeur certifié ?
Il faut savoir que l’audit énergétique est un métier encadré. On ne s’improvise pas auditeur du jour au lendemain. Pour exercer légalement, il faut satisfaire à des critères précis de qualification et d’indépendance. Voici qui peut prétendre à ce rôle et comment s’y prendre concrètement.
Les profils éligibles au métier d’auditeur énergétique
L’audit énergétique réglementaire doit être réalisé par un professionnel indépendant satisfaisant certains critères et ayant souscrit une assurance. Plusieurs profils peuvent y prétendre.
Du côté des bâtiments collectifs et tertiaires, les bureaux d’études qualifiés en audit énergétique des bâtiments tertiaires et habitations collectives sont habilités. Tout comme les sociétés d’architecture et les architectes inscrits à l’ordre ayant suivi une formation spécifique.
Pour les maisons individuelles, le périmètre va s’élargir. Les entreprises certifiées « RGE offre globale » ainsi que les diagnostiqueurs immobiliers certifiés disposant d’une attestation de formation à l’audit énergétique réglementaire peuvent également intervenir.
En pratique, les profils qui se lancent dans l’audit énergétique sont souvent des ingénieurs thermiciens, des responsables techniques, des energy managers ou des économes de flux. Tous ont un point commun, une connaissance du bâtiment et de ses consommations. Ce socle technique est indispensable pour mener un audit sérieux et défendable.

Comment devenir auditeur énergétique certifié ? Les étapes concrètes pour obtenir sa certification
Obtenir sa certification d’auditeur énergétique demande en réalité un peu de méthode. Les étapes sont les suivantes. Identifier la certification adaptée à son domaine d’activité, vérifier les prérequis en termes d’expérience et de diplômes, suivre une formation reconnue par l’organisme certificateur, puis réussir les évaluations théoriques, pratiques et mises en situation professionnelles.
La première question à se poser est celle du périmètre d’intervention. Souhaitez-vous auditer des bâtiments tertiaires, des logements collectifs, des sites industriels ou des flottes de transport ? En effet, chaque domaine correspond à une norme et à un référentiel de certification distinct.
Vient ensuite la vérification des prérequis demandés. Selon l’organisme certificateur choisi, un niveau de formation minimal et une expérience professionnelle dans l’énergie ou le bâtiment peuvent être exigés.
La formation agréée constitue l’étape centrale du parcours. Elle doit couvrir les exigences méthodologiques de la norme NF EN 16247, la réglementation en vigueur et les usages énergétiques propres au secteur visé. Sans cette étape, malheureusement aucune certification sérieuse ne peut être délivrée.
Enfin, les évaluations finales permettent à l’organisme certificateur de valider vos compétences. Elles combinent généralement des épreuves théoriques et des cas pratiques tirés de situations réelles.
Quelle est la certification RGE pour un audit énergétique ?
Plusieurs certifications RGE coexistent sur le marché et le choix dépend du secteur dans lequel vous souhaitez exercer.
La qualification OPQIBI 1905 couvre l’audit énergétique des bâtiments tertiaires et habitations collectives. Elle est reconnue « RGE Études » et permet de réaliser des audits conformément aux normes NF EN 16247-1 et 16247-2. La qualification OPQIBI 1911 s’applique quant à elle aux audits en maison individuelle. Pour le secteur industriel, c’est la qualification OPQIBI 1717 qui s’impose, tandis que l’OPQIBI 0607 concerne les audits dans le transport.
D’autres organismes comme l’AFNOR Certification avec sa qualification 01A, le LNE ou encore Qualibat avec sa qualification 8731 proposent des voies équivalentes, toutes accrédités par le COFRAC.
A noter qu’un changement majeur est à prendre en compte dès maintenant. L’arrêté du 10 juillet 2025 instaure un nouveau référentiel de reconnaissance des auditeurs énergétiques. La qualification disparaît progressivement au profit d’un dispositif de certification. Les prestataires qui disposaient d’une qualification reconnue selon l’arrêté de 2014 pourront continuer à être considérés comme compétents jusqu’au 30 juin 2026, le temps d’obtenir la nouvelle certification.
En vertu de l’arrêté du 10 juillet 2025, la qualification se transforme donc en certification, exigible au 1er juillet 2026. Pour les professionnels déjà en activité, la mise en conformité est urgente. Pour ceux qui débutent, autant viser directement le bon cadre et éviter de construire sur des bases qui seront bientôt caduques.
Quelle formation suivre pour auditer un bâtiment tertiaire selon la norme NF EN 16247 ?
Choisir la bonne formation, c’est souvent ce qui fait la différence entre un auditeur qui tâtonne sur le terrain et un professionnel qui sait exactement où regarder et quoi analyser. La norme NF EN 16247 fixe le cadre méthodologique de référence. Encore faut-il que la formation choisie vous permette de réellement vous l’approprier.
Ce que couvre une formation complète
Une formation sérieuse à l’audit énergétique tertiaire ne se résume pas à un survol réglementaire. Elle doit vous rendre autonome face à la diversité des situations rencontrées sur le terrain.
La norme NF EN 16247 se compose de plusieurs volets et s’est précisée au fil des années pour permettre des études et analyses adaptées selon chaque secteur d’activité, qu’il s’agisse de l’industrie, du tertiaire ou du transport. Une bonne formation doit donc impérativement couvrir ces différentes dimensions.
Concrètement, voici ce qu’un programme solide doit aborder.
La réglementation en vigueur d’abord, avec les textes qui encadrent l’audit énergétique et les obligations qui en découlent. Les méthodes d’audit ensuite, car maîtriser les trois approches principales reconnues par la norme est indispensable pour adapter sa démarche à chaque contexte.
Les usages énergétiques significatifs du bâtiment tertiaire font également partie des incontournables. Par exemple, voici quelques sujets : chauffage, climatisation, ventilation, éclairage, eau chaude sanitaire, gestion technique du bâtiment. Enfin, la mise en pratique est irremplaçable, c’est elle qui transforme des connaissances théoriques en réflexes professionnels.
La gestion de projet liée à l’audit mérite aussi une place à part entière dans le programme. Planifier les étapes, collecter les données, organiser la visite sur site, rédiger un rapport clair et argumenté. Tout cela s’apprend, et cela se pratique.

Combien coûte une formation à l’audit énergétique réglementaire ?
C’est évidemment normal de se poser la question. Les tarifs varient selon l’organisme, la durée et le format retenu.
Pour une formation de trois jours en présentiel, comptez généralement entre 1 500 et 2 500 euros net de TVA par participant. C’est la fourchette habituelle pour les formations spécialisées dans l’audit énergétique tertiaire, dispensées par des organismes reconnus.
Ces formations constituent l’un des prérequis pour obtenir la certification conforme à l’arrêté du 10 juillet 2025 relatif aux modalités de réalisation de l’audit énergétique en entreprise et aux modalités de reconnaissance de la compétence des auditeurs énergétiques. Autrement dit, le coût de la formation doit être pensé comme un investissement dans une certification qui conditionne votre droit d’exercer.
Pour la bonne nouvelle, sachez que ces formations sont éligibles aux dispositifs de financement de la formation professionnelle continue. Selon votre statut, votre OPCO peut prendre en charge tout ou partie du montant. Renseignez-vous en amont, les délais de traitement peuvent être longs.
La formation ENOV en 3 jours : Audits énergétiques réglementaires pour le secteur tertiaire
L’ENOV propose une formation de 21 heures sur les audits énergétiques réglementaires pour le secteur tertiaire, dispensée en présentiel à Paris sur trois jours, au tarif de 1 690 euros net de TVA.
Ce qui distingue ce programme, c’est l’ordre dans lequel les contenus sont abordés. En effet, la première journée ouvre sur la méthodologie, les exigences réglementaires issues de l’arrêté du 10 juillet 2025 et la gestion de projet. Ce choix pédagogique permet aux stagiaires de comprendre le chemin à parcourir avant d’entrer dans le détail technique.
Pour la deuxième journée elle plonge dans les usages énergétiques les plus courants dans le bâtiment tertiaire. Technologie des équipements, méthodes d’analyse, axes d’optimisation. Chaque poste consommateur est traité avec le souci de l’applicable.
La troisième journée est consacrée à la mise en application. Quiz, exercices pratiques, rappels ciblés. L’objectif clairement affiché est de cimenter ce qui a été vu et de partir avec des réflexes solides.
Ce programme est accessible sans prérequis. Il s’adresse aussi bien aux auditeurs énergétiques souhaitant se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation qu’aux responsables techniques, ingénieurs d’études, energy managers et économes de flux qui souhaitent élargir leur champ de compétences.
Auditeur énergétique vs gestionnaire de l’énergie : quel métier, quel salaire, quelles perspectives ?
Deux intitulés qui se côtoient souvent dans les offres d’emploi et les brochures de formation, mais qui recouvrent des réalités professionnelles bien différentes. Avant de vous engager dans un parcours de certification, il vaut mieux savoir exactement vers quoi vous vous dirigez.
Quelle est la différence entre un gestionnaire de l’énergie et un auditeur énergétique ?
Le gestionnaire de l’énergie, souvent appelé energy manager, travaille de façon continue au sein d’une organisation. Il suit les consommations dans la durée, pilote les indicateurs de performance, coordonne les actions d’amélioration et assure le lien entre les équipes techniques et la direction. Son regard est stratégique et sa présence, permanente.
L’auditeur énergétique intervient différemment. Sa mission est ponctuelle et indépendante. Il doit obligatoirement réaliser une visite sur site et ne peut sous-traiter tout ou partie de la réalisation de l’audit. À partir des données collectées sur place, il produit un état des lieux documenté et formule des recommandations concrètes, chiffrées et hiérarchisées.
Un energy manager qui souhaite élargir son activité vers l’audit peut tout à fait le faire. À condition d’obtenir la certification adéquate et de respecter les exigences d’indépendance imposées par la réglementation.

Quel est le salaire d’un auditeur énergétique ?
La rémunération varie sensiblement selon le profil, l’expérience et le mode d’exercice choisi.
En début de carrière, un auditeur énergétique peut espérer entre 1 900 et 2 400 euros brut par mois. Sachez qu’avec de l’expérience, cette rémunération peut franchir les 4 000 euros brut mensuel.
Les données issues de Glassdoor situent la fourchette salariale pour la France entre 43 912 euros et 74 966 euros brut annuel, avec un salaire moyen autour de 54 000 euros par an.
Il faut prendre en compte les disparités géographiques qui vont jouer un rôle non négligeable. Un auditeur basé en Île-de-France bénéficiera généralement d’une rémunération supérieure à celle pratiquée en région, en raison d’une densité de donneurs d’ordre plus importante et d’un coût de la vie plus élevé.
Pour les professionnels qui font le choix de l’indépendance, la donne va changer. Un audit facturé entre 1 200 et 2 000 euros selon la complexité du bâtiment, avec un volume régulier de missions, peut conduire à des revenus nettement supérieurs à ceux d’un salarié. Cela suppose bien sûr de savoir gérer la prospection, la relation client et les aléas de l’activité indépendante.
Un secteur en forte tension : pourquoi se former maintenant
Le contexte réglementaire actuel crée une demande forte en auditeurs qualifiés. Il faut savoir qu’à partir du 11 octobre 2026, les entreprises dont la consommation d’énergie finale dépasse 2,75 GWh par an, vont devoir réaliser un audit énergétique tertiaire réglementaire. Quel que soit leur secteur d’activité. Ce seuil élargit considérablement le nombre de structures concernées par rapport aux obligations précédentes.
Le métier d’auditeur énergétique fait partie de la liste des métiers prioritaires dressée par France Compétences. Les opportunités de recrutement sont réelles et les profils formés et certifiés restent encore trop peu nombreux face à la demande.
Se former maintenant, c’est anticiper une échéance qui se rapproche. C’est aussi se positionner sur un marché porteur avant qu’il ne soit saturé. Les professionnels qui auront obtenu leur certification dans les prochains mois seront les mieux placés pour répondre aux appels d’offres. Mais aussi aux demandes des grands donneurs d’ordre publics et privés.
Auditeur énergétique agréé : un métier d’avenir qui se prépare aujourd’hui
Devenir auditeur énergétique certifié demande un investissement réel, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. La réglementation évolue, les obligations s’étendent, et les professionnels qualifiés manquent encore cruellement sur le terrain.
Le chemin est balisé. Identifier la bonne certification, suivre une formation sérieuse ancrée dans la pratique, passer les évaluations requises. Chaque étape vous rapproche d’un métier concret, porteur de sens et reconnu par les donneurs d’ordre publics comme privés.
La fenêtre d’opportunité est ouverte. Ceux qui se forment maintenant prennent une longueur d’avance que leurs concurrents auront du mal à combler dans les années qui viennent.
