À propos de l’auteur
Benjamin Rouvroy
Responsable Marché Rénovation chez UBAT
Élève à l’ENOV en Mastère TED.
L’arbre, présent sur Terre depuis environ 300 millions d’années, a joué un rôle fondamental dans l’évolution de l’atmosphère en absorbant le dioxyde de carbone (CO₂) et en libérant de l’oxygène (O₂).
Aujourd’hui, il est un acteur essentiel de la transition énergétique dans le secteur du bâtiment grâce à ses multiples usages.
- Quel rôle joue-t-il dans la transition énergétique ?
- Quel lien peut-on faire avec le bâtiment ?
Sommaire de l’article :
L’usage premier de l’arbre
La construction bioclimatique
L’arbre, au-delà de sa capacité à capter le CO₂, sert de régulateur naturel d’ombrage, particulièrement dans les constructions bioclimatiques. En étant planté stratégiquement autour d’un bâtiment, il aide à réduire les besoins en climatisation et en chauffage. (1).
Selon une étude de l’ADEME (2), cet ombrage peut réduire la température urbaine de 3° à 5°C, entraînant une diminution de 50% à 60% de la consommation énergétique liée à la climatisation.
La qualité de l’air des bâtiments
L’arbre contribue également à améliorer la qualité de l’air dans les environnements urbains. L’étude de l’ADEME2 révèle également qu’un arbre en ville peut piéger en moyenne 100 g de particules fines par an.
De plus, des chercheurs de l’université de Lancaster ont montré qu’un alignement d’arbres réduit de 50% la concentration des particules fines dans les logements environnants, renforçant ainsi les bienfaits des arbres pour la santé des habitants.
L’arbre tel que nous le voyons est déjà un élément indispensable dans la construction des bâtiments pour la réduction des consommations d’énergie et pour notre santé.
L’usage secondaire de l’arbre
La construction en bois
La construction en bois connaît une popularité croissante, représentant 12% des nouvelles constructions en France en 2022 selon le Ministère de la Transition Écologique (3). Ses avantages incluent:
- Faible empreinte carbone : Une étude du CSTB4 indique qu’une construction en bois peut réduire les émissions de CO₂ de 30% à 50% par rapport à une construction en béton.
- Excellentes propriétés d’isolation : Le bois présente une conductivité thermique entre 0,12 et 0,15 W/m²·K, nettement inférieure à celle du béton 1,4 à 2,1 W/m²·K.
- Rapidité et facilité de construction : Les délais de construction pour un bâtiment en bois peuvent être réduits de 20% à 30% par rapport à des constructions en béton ou en acier (source CIRAD5, FCBA6).
- Durabilité : Bien que nécessitant un entretien plus fréquent, les constructions en bois peuvent avoir une espérance de vie de 50 à 100 ans, selon une étude du CSTB4, voir beaucoup plus comme en témoignent de nombreux monuments historiques en France.
Le bois comme source d’énergie
En 2022, le bois représentait 7,8% de la consommation primaire en France selon le Ministère de la Transition Écologique (3), avec le bois de chauffage comme source principale. La biomasse du bois est également utilisée pour produire des biogaz et des biocarburants.
Selon l’ADEME (7), en 2022 la biomasse a produit 42,8 millions de tonnes équivalent pétrole d’énergie, dont 80% était du bois. Ces applications couvrent pour 50% du chauffage domestique, 30% de la production de chaleur dans l’industrie et 20% de la production d’électricité.
L’exploitation de l’arbre
L’usage du bois dans le bâtiment est un pilier de la transition énergétique, mais il doit être réalisé de manière responsable et durable. Des études de l’ADEME (8), de l’INRAE (9), du CNI (10) et de la FAO (11) soulignent l’importance de pratiques d’exploitation durable pour garantir la continuité et la qualité des ressources.
La certification et la traçabilité, via des labels comme le FSC et le PEFC, sont essentielles pour une gestion responsable des forêts. En 2021, environ 8% des forêts mondiales étaient certifiée dont 30% de la surface forestière totale de la France selon la FAO (11).
En France, 60% à 70% du bois de construction et 30% à 50% du bois pour la biomasse proviennent de forêts certifiées. À l’échelle mondiale, c’est 50% à 70% pour la construction et 30% à 40% pour la biomasse. (3)
Des efforts sont donc encore nécessaires pour exploiter les arbres de manière durables et responsables afin qu’ils restent piliers de la transition énergétique du bâtiment.
Sources :
- Jean-Pierre Oliva. La conception bioclimatique
- ADEME. L’arbre en milieu urbain acteur du climat en Région Haut De France, 2018
- Ministère de la Transition Écologique. État des lieux de l’utilisation du bois dans le bâtiment 2022
- CSTB. Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
- CIRAD. Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
- Institut technologique FCBA. Forêt, Cellulose, Bois-construction, Ameublement
- ADEME. Rapports et études sur la biomasse et son utilisation en France (2022)
- ADEME. Bilan de la filière bois-énergie en France (2018)
- INRAE. Gestion durable des forêts en France : État des lieux et perspectives (2020)
- CNI. Conseil National de l’Industrie (2020) Stratégie pour le développement de la filière bois-énergie en France
- FAO. (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) Global Forest Resources Assessment 2020