
À propos de l’auteur
Saïd Dadouch
Chargé de mission en efficacité énergétique Groupe NORIAP
Élève à l’ENOV en Mastère TED
Le management de l’énergie ou Energy Management vise à maîtriser les flux d’énergie entrants et sortants d’un système (bâtiment, site industriel, collectivité, etc.) à travers une démarche structurée visant à les optimiser. L’objectif est de réduire la consommation énergétique, d’améliorer l’efficacité des usages et de limiter l’impact environnemental.
Dans ce contexte en pleine mutation, marqué par une transition digitale désormais incontournable, se pose une question essentielle : Comment l’humain et le digital s’imbriquent-ils pour conduire à la performance ?
Cet article explore ce sujet à travers deux idées clés : d’une part, la nécessité de former l’humain pour garantir une digitalisation réussie, et d’autre part, le rôle essentiel de l’humain dans l’évaluation préalable des solutions digitales.
Sommaire de l’article :
Former les collaborateurs aux outils digitaux : un levier incontournable
La formation des collaborateurs aux outils digitaux est un levier fondamental pour réussir la transition énergétique au sein des organisations. Sans une réelle compréhension ni une appropriation de ces technologies, même les solutions les plus avancées risquent d’être sous-utilisées ou mal exploitées, réduisant considérablement leur impact.
Former les équipes, c’est avant tout leur permettre de maîtriser le fonctionnement des outils numériques mis à leur disposition. Cela inclut la capacité à exploiter les données pour détecter des anomalies, optimiser les usages énergétiques, réagir rapidement aux alertes et ajuster les pratiques directement sur le terrain. Par cette montée en compétence, les collaborateurs deviennent des acteurs à part entière d’une dynamique d’amélioration continue.

Intégrer la formation dans une démarche continue
La formation ne doit pas être ponctuelle, mais intégrée dans une démarche continue. Les mises à jour des outils numériques doivent systématiquement être accompagnées de formations adaptées pour garantir une bonne appropriation. De même, chaque nouvel arrivant devrait bénéficier d’un parcours d’intégration numérique lui permettant de comprendre les outils et les pratiques en vigueur dès son arrivée.
Créer une communauté d’utilisateurs autour de l’énergie
Pour renforcer l’impact de la formation, il est pertinent de créer une communauté d’utilisateurs autour des outils digitaux et de l’énergie. Cela peut passer par la désignation de référents énergie ou digital au sein de chaque équipe.
Le programme PROREFEI de l’ATEE / ADEME, qui forme des référents énergie dans l’industrie, met en place des communautés de pairs, des retours d’expérience et des relais territoriaux. La Communauté des Référents Énergie portée par l’ATEE permet des échanges entre les personnes responsables de l’énergie, des guides et des partages de bonnes pratiques.
Former les équipes est donc une condition sine qua non de la réussite digitale. Mais la maîtrise des outils ne suffit pas : encore faut-il avoir sélectionné les bons outils, au bon moment, pour les bons besoins. C’est précisément l’enjeu de la deuxième partie.
L’évaluation humaine des solutions digitales : une étape clé en amont
L’adéquation entre les outils digitaux et les besoins réels de l’organisation est un facteur clé de succès. Une digitalisation mal ciblée ou trop complexe peut, au contraire, freiner la performance : elle peut engendrer des surcoûts, une surcharge d’informations ou encore une mauvaise adoption par les utilisateurs. Par exemple, une GTB (Gestion Technique du Bâtiment) peut être efficace dans un grand bâtiment… mais inutile sans personnel formé.

Analyser les besoins avant de digitaliser
Avant toute démarche de digitalisation, il est essentiel que l’humain — qu’il soit technicien, manager ou responsable énergie — prenne le temps d’analyser précisément la situation. Cela commence par l’identification des besoins concrets à couvrir : dérives énergétiques à corriger, manque de visibilité sur les consommations, ou encore complexité du pilotage quotidien.
Il faut ensuite s’intéresser aux usages réels sur le terrain : qui utilisera l’outil, à quelle fréquence, et dans quelles conditions d’exploitation ? Enfin, cette analyse doit intégrer une évaluation du potentiel de gains mesurables, qu’il s’agisse d’économies d’énergie, de réduction des coûts, de gain de temps ou d’amélioration de la réactivité. Cette phase en amont conditionne la pertinence et l’efficacité de la solution digitale mise en place.
Choisir la bonne solution : un investissement qui se prépare
Étudier un outil en amont, c’est anticiper son retour sur investissement et sécuriser le choix de la solution la plus pertinente. Cette phase permet de comparer plusieurs options en tenant compte de leur coût, de leur efficacité et de leur compatibilité avec l’existant. Elle offre également la possibilité de simuler des scénarios de gains, qu’ils soient énergétiques (kWh économisés) ou financiers (€ économisés), pour objectiver les décisions.
Conclusion
En résumé, réussir le management de l’énergie à l’ère du digital repose avant tout sur l’humain. La formation des collaborateurs et l’analyse précise des besoins garantissent une adoption efficace des outils numériques. Ainsi, c’est l’alliance entre technologie et engagement humain qui permettra d’optimiser la performance énergétique de manière durable.
