
À propos de l’auteur
Energy Manager
Fondateur – ENOV
Agir pour le climat commence souvent par un chiffre. Un indicateur qui révèle l’impact réel de nos activités sur l’environnement. Ce chiffre, c’est le bilan carbone. Derrière ce terme se cache un outil de mesure devenu incontournable pour les entreprises et les collectivités. Mais aussi les citoyens engagés.
Le bilan carbone permet de quantifier les émissions de gaz à effet de serre générées par une activité. Il aide à comprendre d’où viennent ces émissions, comment les réduire et pourquoi il est urgent d’agir. Ce n’est pas un simple diagnostic, c’est un vrai levier stratégique au service de la transition écologique.
Face aux nouvelles réglementations et aux attentes croissantes en matière de responsabilité environnementale, cette démarche devient une priorité. Savoir établir un bilan carbone, ou l’interpréter, est aujourd’hui une compétence recherchée. Et donc de nombreuses écoles commencent à intégrer dans leurs formations.
Sommaire de l’article :
- Tout savoir sur le bilan carbone
- Comment réaliser un bilan carbone ? Méthodologie, obligations et coûts
- Agir sur le bilan carbone : leviers concrets et formations pour devenir expert
- Se former au bilan carbone, c’est s’engager concrètement pour demain
Tout savoir sur le bilan carbone
Avant d’entrer dans la méthodologie ou les obligations réglementaires, c’est important de bien comprendre ce qu’est un bilan carbone. En se focalisant notamment sur ce qu’il mesure et comment il est structuré. C’est cette base de compréhension qui permet ensuite de mieux l’exploiter, ou d’en faire un véritable outil de pilotage environnemental.
Qu’est-ce que le bilan carbone ?
Le bilan carbone est un outil qui permet de mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par une activité. Il peut concerner une entreprise, une collectivité, un bâtiment ou même un événement ponctuel.
L’objectif est de faire un état des lieux précis. On identifie toutes les sources d’émissions. Transports, énergie, achats, déplacements professionnels, ou encore usage des produits vendus. Grâce à cette photographie, on comprend l’impact environnemental réel d’une organisation.
Mais au-delà de la mesure, le bilan carbone sert aussi à agir. Il aide à prioriser les efforts de réduction et à mettre en place des plans d’action efficaces. C’est un outil qui lie stratégie, responsabilité et transition.
Un exemple concret ? Une mairie qui fait son bilan carbone pourra découvrir que ses bâtiments publics consomment trop d’énergie ou que ses déplacements internes sont trop polluants. Elle pourra alors repenser sa flotte de véhicules ou rénover ses bâtiments.

Quels sont les 3 scopes du bilan carbone ?
Pour structurer l’analyse, on classe les émissions de gaz à effet de serre selon trois grands périmètres, les scopes. Cette méthode permet de clarifier l’origine des émissions et d’éviter les oublis.
C’est quoi le scope 1 et le scope 2 ?
- Le scope 1 regroupe les émissions directes. Ce sont celles qui viennent des installations ou véhicules directement contrôlés par l’organisation. Par exemple, les gaz émis par une chaudière ou une flotte de camions internes.
- Le scope 2 concerne les émissions indirectes liées à l’énergie achetée. On parle ici de l’électricité ou de la chaleur consommée, même si leur production a lieu ailleurs.
Ces deux scopes forment le cœur du bilan carbone réglementaire. Ils sont généralement obligatoires pour les grandes structures, car ils sont plus faciles à quantifier.
- Le scope 3, enfin, couvre un périmètre beaucoup plus large. Il prend en compte toutes les autres émissions indirectes, souvent moins visibles mais très importantes. Cela inclut par exemple l’achat de matières premières, les déplacements des salariés, le transport des marchandises, ou l’utilisation des produits par les clients.
En pratique, le scope 3 représente souvent la majorité des émissions d’une organisation. C’est aussi le plus complexe à mesurer, car il dépend de nombreux acteurs extérieurs.
Quel est un bon bilan carbone ?
Il n’existe pas de chiffre parfait. Ce qui compte, c’est la trajectoire de réduction. Un bon bilan carbone n’est pas celui qui affiche un niveau bas de manière absolue. Mais celui qui permet à l’organisation d’identifier ses leviers d’action et de s’engager vers une baisse continue de ses émissions.
La valeur d’un bilan carbone dépend aussi du secteur d’activité. Une entreprise industrielle émettra naturellement plus de gaz à effet de serre qu’une entreprise de services. De même, un acteur du numérique devra intégrer l’impact des serveurs et des flux de données, souvent cachés derrière l’immatériel.
La taille de l’organisation joue aussi un rôle important. Une collectivité locale, une école ou une TPE n’auront pas les mêmes niveaux ni les mêmes priorités.
L’important, c’est la transparence, la régularité des mesures et la volonté de progresser. Le bilan carbone devient alors un outil de pilotage à long terme et non une simple case à cocher.
Comment réaliser un bilan carbone ? Méthodologie, obligations et coûts
Mesurer ses émissions est une démarche utile, mais elle demande méthode et rigueur. Le bilan carbone ne s’improvise pas. Il repose sur des étapes précises et des outils reconnus. Cette partie permet d’y voir plus clair sur la façon de passer à l’action.
Quelles sont les étapes du bilan carbone ?
Un bilan carbone suit un déroulement structuré. Il ne s’agit pas seulement de faire un calcul, mais bien de poser un diagnostic complet.
Définir le périmètre d’analyse : la première étape consiste à délimiter ce que l’on veut mesurer. Cela dépend du type d’activité, des sites concernés, des sources d’émissions qu’on souhaite intégrer. Plus le périmètre est large, plus le bilan sera représentatif. Certaines entreprises choisissent de se concentrer d’abord sur les scopes 1 et 2, avant d’élargir au scope 3.
Collecter les données : c’est la phase la plus chronophage. Il faut rassembler les données de consommation d’énergie par exemple : électricité, gaz, carburant. Ou encore déplacements, achats… Cela passe souvent par les factures, les feuilles de route, ou des enquêtes internes. Plus les données sont précises, plus les résultats seront fiables.
Appliquer les facteurs d’émission : les données sont ensuite croisées avec des facteurs d’émission. Ceux-ci indiquent la quantité de gaz à effet de serre émise par unité d’activité (par exemple, un litre de fioul ou un kilowattheure). En France, on utilise souvent la Base Carbone, mise à disposition par l’ADEME.
Analyser les résultats et proposer un plan d’action : une fois les calculs terminés, l’étape suivante est l’analyse. On identifie les postes les plus émetteurs, puis on élabore des pistes de réduction concrètes. Cela peut aller d’un changement de fournisseur d’énergie à une refonte de la politique d’achats.
Le bilan carbone est-il obligatoire en 2026 ?
Aujourd’hui, toutes les organisations ne sont pas tenues légalement de faire un bilan carbone. Mais cela évolue rapidement.
Il y a des obligations déjà en place. Depuis plusieurs années, les grandes entreprises de plus de 500 salariés ont l’obligation de réaliser un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES). C’est aussi le cas des collectivités de plus de 50 000 habitants. Ces bilans doivent être mis à jour tous les quatre ans.
Le cadre est aussi renforcé à travers la loi Climat. La loi Climat et Résilience, votée en 2021, prévoit un renforcement progressif de ces obligations. À l’horizon 2026, le périmètre pourrait s’élargir à davantage d’entreprises et inclure le scope 3, jusqu’ici optionnel.
Pourquoi faire un bilan carbone entreprise ?
Même si elles ne sont pas concernées par la loi, de nombreuses PME, associations ou écoles choisissent de faire un bilan carbone. Il devient un levier de performance, car il aide à faire des économies d’énergie, à optimiser les flux logistiques, à réduire les coûts sur le long terme. Il nourrit aussi une stratégie RSE crédible, qui peut être valorisée auprès des clients, des investisseurs ou des collectivités.
Enfin, il permet de se préparer aux exigences de demain. Les appels d’offres, les labels, les financements publics intègrent de plus en plus des critères climatiques. Avoir déjà réalisé son bilan carbone, c’est montrer qu’on est prêt, qu’on avance, et qu’on s’inscrit dans un mouvement durable.
Quel est le prix d’un bilan carbone ?
Le coût d’un bilan carbone varie selon plusieurs critères. Il n’y a pas de tarif unique, car chaque structure a ses spécificités.
Les prix sont souvent liés à la complexité du projet. En effet, plus le périmètre est large, plus la collecte de données est complexe, plus le coût augmente. Une TPE pourra s’en sortir avec quelques milliers d’euros. Tandis qu’une grande entreprise ou une collectivité territoriale peut dépenser jusqu’à 50 000 euros pour un diagnostic complet.
Certaines organisations choisissent de faire appel à un bureau d’études spécialisé, d’autres utilisent des outils en ligne ou internalisent la compétence. Il existe aujourd’hui des plateformes permettant d’estimer ses émissions de façon simplifiée. Ces outils sont particulièrement adaptés aux structures de taille moyenne.
Sachez que c’est un investissement qui peut être financé. Et oui, dans certains cas, des aides financières existent. L’ADEME ou certaines collectivités proposent des subventions pour encourager la réalisation de bilans carbone. Il est donc conseillé de se renseigner localement avant de se lancer.
Agir sur le bilan carbone : leviers concrets et formations pour devenir expert
Réduire ses émissions ce n’est pas juste un exercice théorique. Pour que le bilan carbone devienne un outil d’action, il faut comprendre où agir, comment s’organiser et avec qui travailler. Cela demande de la méthode, mais aussi de la compétence. Les entreprises ont besoin de profils formés, capables d’intervenir sur tous les périmètres d’émissions, y compris les plus complexes comme le scope 3.
Comment puis-je réduire mon scope 3 ?
Le scope 3 représente souvent la part la plus importante des émissions d’une organisation. C’est aussi celle qui est la plus difficile à maîtriser, car elle dépend d’acteurs extérieurs.
Une première piste est de revoir sa politique d’achats. En privilégiant des fournisseurs locaux, des produits durables ou des matériaux à faible empreinte carbone, on agit directement sur le scope 3. Même chose pour les transports. Regrouper les livraisons, optimiser les trajets, inciter au train plutôt qu’à l’avion.
Pour les entreprises qui conçoivent des produits, l’écoconception est un essentiel. Il s’agit de penser l’impact du produit tout au long de son cycle de vie : fabrication, utilisation, fin de vie. Mieux concevoir, c’est aussi moins jeter, moins transporter, et donc moins émettre.
Enfin, la sensibilisation des partenaires est très importante. Il ne suffit pas d’agir en interne. Il faut embarquer ses fournisseurs, ses clients et même ses salariés dans la démarche. Un bon bilan carbone ne se construit pas seul. C’est un travail collectif qui repose sur la coopération et la transparence.

Comment devenir expert du bilan carbone ?
Pour mettre en place ces actions et avoir un véritable impact, encore faut-il savoir par où commencer, comment mesurer et comment convaincre. C’est là que les compétences d’un expert du bilan carbone prennent tout leur sens.
Piloter un bilan carbone demande une approche complète. Il faut avant tout être capable de collecter et traiter des données environnementales. Cela nécessite de la rigueur, une bonne maîtrise des outils de mesure, mais aussi une capacité d’analyse.
La connaissance des réglementations est également indispensable. Les lois évoluent vite. Il faut pouvoir s’y adapter, les expliquer et conseiller les entreprises ou les collectivités dans leur mise en œuvre.
Enfin, les experts du bilan carbone doivent aussi savoir communiquer. Traduire les résultats en plans d’action, sensibiliser les équipes, présenter des enjeux complexes de manière claire. Ce sont des compétences primordiales.
Ces profils sont aujourd’hui recherchés dans de nombreux secteurs. On les retrouve dans des postes comme chargé de mission climat, consultant en stratégie bas carbone, responsable RSE ou encore energy manager. Tous ont un rôle à jouer dans la transition.
Formations disponibles : des écoles comme l’ENOV forment les futurs experts
Répondre à ces enjeux ne s’improvise pas. Il faut des formations adaptées, pensées pour accompagner la transformation des organisations. C’est exactement ce que propose l’école ENOV, engagée dans les métiers de la transition écologique et énergétique.
L’ENOV forme des professionnels capables de comprendre les mécanismes du changement climatique, de maîtriser les outils techniques et de conduire des projets concrets. Elle s’adresse aussi bien aux étudiants qu’aux actifs en reconversion ou en montée en compétences.
Les formations de L’ENOV sont disponibles en initial ou en alternance, selon les profils. Certaines sont même accessibles en formation continue, pour accompagner les professionnels déjà en poste.
Notre objectif est clair, permettre aux apprenants de maîtriser les outils comme le bilan carbone et de comprendre les périmètres d’émission (scopes 1, 2, 3). Mais aussi d’accompagner les structures vers des trajectoires de réduction crédibles et mesurables.
L’ENOV s’appuie sur des cas pratiques concrets. Les étudiants peuvent, par exemple, réaliser l’audit carbone fictif d’un campus, ou accompagner une entreprise partenaire dans la réalisation de son premier bilan. Ces mises en situation permettent d’appliquer les méthodes étudiées et de se confronter aux réalités du terrain.
Se former au bilan carbone, c’est s’engager concrètement pour demain
Le bilan carbone est un levier d’action puissant pour les organisations, mais aussi une opportunité de transition pour chacun. Comprendre ses émissions, les réduire, embarquer les autres dans la démarche… cela demande de la méthode, de la clarté et des compétences solides.
Les enjeux environnementaux exigent des réponses concrètes. Ils appellent des femmes et des hommes capables de passer à l’action, avec des outils précis et une vision globale. Se former au pilotage d’un bilan carbone, c’est apprendre à transformer les chiffres en décisions. C’est aussi devenir un acteur utile, attendu, à tous les niveaux de la société.
Des écoles comme l’ENOV forment dès aujourd’hui ces professionnels engagés. Avec une approche centrée sur la transition énergétique, elles préparent les talents de demain à relever les défis du climat. Et à accompagner les entreprises, les collectivités ou les associations vers un avenir plus responsable.