
À propos de l’auteur
Enell Dely
Energy Manager
Fondateur – ENOV
L’audit énergétique prend de plus en plus de place dans les projets immobiliers. Il permet d’identifier les faiblesses d’un logement ou d’un bâtiment et d’orienter les travaux à engager pour gagner en performance. Il est parfois exigé, parfois volontaire, mais dans tous les cas, il a un coût.
Alors, qui doit le financer ? Le vendeur, l’acheteur, le syndic, l’entreprise, la collectivité ? Est-ce qu’il peut être remboursé ? Existe-t-il des aides ? Et si oui, à quelles conditions ?
Avant de se lancer, mieux vaut comprendre les règles en vigueur, les profils concernés, et les leviers qui permettent de réduire la facture.
Sommaire de l’article :
L’audit énergétique : qui est concerné ?
Avant de parler de financement, il faut savoir dans quels cas l’audit énergétique est exigé. Tout le monde n’est pas concerné, mais certaines situations imposent clairement sa réalisation.
Qui est concerné par l’audit énergétique obligatoire ?
L’audit énergétique est obligatoire depuis 2023 pour toute vente de maison individuelle ou d’immeuble en monopropriété classé F ou G au DPE. Cette mesure vise à lutter contre les passoires thermiques. L’objectif est de mieux informer les acheteurs sur les travaux à prévoir et les économies possibles.
Ce sont donc principalement les propriétaires vendeurs de biens très énergivores qui sont concernés. L’audit doit être remis dès la première visite. Il doit présenter au moins deux scénarios de rénovation, chiffrés et réalistes, avec une ambition de performance minimale.
Le calendrier réglementaire prévoit un élargissement progressif. À terme, les logements classés E pourraient eux aussi être soumis à cette obligation.
Prenons quelques cas concrets :
- Un bailleur social qui prévoit une rénovation énergétique complète de son parc peut aussi commander un audit pour mieux planifier les travaux et sécuriser les aides.
- Un propriétaire souhaite vendre sa maison des années 70 classée G. Il devra faire réaliser un audit réglementaire avant de la mettre sur le marché.
- Une copropriété n’est pas concernée par cette obligation, sauf si elle engage un projet de rénovation globale. Dans ce cas, un audit collectif peut être réalisé à l’initiative du syndic.

L’audit énergétique est-il obligatoire pour bénéficier de Ma Prime Rénov’ ?
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’, l’audit énergétique n’est pas toujours obligatoire, mais il est fortement recommandé. Certaines aides ciblées, comme celles dédiées à une rénovation globale, ne sont accessibles qu’à condition d’avoir un audit préalable.
Ce document permet de structurer le projet et de démontrer l’impact des travaux sur la performance énergétique du logement. C’est aussi un support de référence pour le conseiller Mon Accompagnateur Rénov’.
L’audit est donc un levier d’accès à un plus grand nombre de subventions. Il donne de la cohérence au projet, facilite les décisions techniques, et renforce la lisibilité du parcours de rénovation.
Dans les cas simples (remplacement de chaudière, isolation ponctuelle), l’audit n’est pas exigé. Mais dès qu’il s’agit de plusieurs postes de travaux, il devient un outil précieux, et parfois indispensable.
Est-ce que l’audit énergétique est gratuit ?
En règle générale, l’audit énergétique est payant. Il représente un coût pour le propriétaire, le syndic ou l’entreprise qui le commande. Son tarif varie selon le type de bâtiment et le niveau de précision demandé.
Il existe toutefois quelques exceptions. Certaines collectivités locales ou départements testent des dispositifs de financement intégral ou partiel, pour encourager les rénovations. Ces aides sont souvent limitées dans le temps et soumises à conditions.
Il ne faut pas non plus confondre l’audit énergétique avec l’accompagnement gratuit proposé dans le cadre du service public France Rénov’. Un conseiller peut informer et orienter gratuitement, mais ne réalise pas l’audit lui-même. Il y a aussi une différence entre un audit énergétique et un DPE. L’audit énergétique sera lui beaucoup plus poussé avec de vrais conseils.
En clair, le diagnostic est un acte professionnel, encadré et non gratuit. Il engage la responsabilité de l’auditeur, ce qui justifie son coût. Ce sujet sera d’ailleurs détaillé dans la suite de l’article.
Qui doit payer l’audit énergétique et dans quels cas ?
Le paiement de l’audit dépend de la situation. Vente, projet de rénovation, copropriété, entreprise… Chaque profil a des obligations différentes.
Qui paye le diagnostic énergétique ?
Dans le cas d’une vente de maison ou d’immeuble individuel classé F ou G, c’est le propriétaire vendeur qui doit financer l’audit énergétique. Cette obligation lui incombe dès la mise en vente, au même titre que le DPE ou le diagnostic amiante.
Lorsqu’il s’agit d’un projet de rénovation, c’est la personne ou la structure qui initie les travaux qui règle la facture. Cela peut être un particulier, une copropriété, une entreprise ou une collectivité. Le paiement intervient alors en amont du chantier, comme base de réflexion et de planification.
En copropriété, la question est soumise au vote en assemblée générale. Si l’audit est validé, le coût est réparti entre les copropriétaires selon les tantièmes. C’est souvent le syndic qui pilote le projet, en lien avec un bureau d’études.
Dans le monde professionnel, l’audit peut être réglementaire ou volontaire. Une entreprise soumise à l’obligation d’audit énergétique (en raison de sa taille ou de sa consommation) devra le financer elle-même. Une TPE qui souhaite réduire ses charges énergétiques peut aussi le commander de manière proactive. Dans tous les cas, l’entreprise est à l’initiative et prend en charge le coût.
Quel est le coût d’un audit énergétique ?
Le tarif dépend du type de bâtiment, de sa complexité et du niveau de détail attendu. Pour une maison individuelle, le coût moyen se situe en 2026 entre 700 et 1 200 euros. Ce montant peut varier selon la région, le niveau de précision demandé, ou les délais.
Pour une copropriété, les prix sont plus élevés, mais mutualisés. Il faut compter entre 3 000 et 10 000 euros, selon le nombre de logements et la complexité du bâti. Chaque copropriétaire paie une part calculée selon les règles internes de l’immeuble.
Dans le secteur tertiaire, les audits imposés aux grandes entreprises peuvent coûter entre 3 000 et 10 000 euros, voire plus. Le prix de l’audit énergétique varie donc selon la surface analysée, le nombre de bâtiments ou la technicité des équipements.
Quelle est la durée de validité d’un audit énergétique ?
La réglementation actuelle ne fixe pas de durée de validité stricte pour un audit énergétique. Cependant, certaines règles de bon sens s’appliquent.

Il est recommandé de le refaire dès lors que des travaux importants ont été réalisés. Changement de système de chauffage, isolation, rénovation complète d’une partie du bâti. Ces modifications peuvent rendre l’audit précédent obsolète.
En dehors de ces cas, un audit peut rester pertinent entre deux et cinq ans, surtout dans le cadre d’un projet de rénovation étalé dans le temps. Il peut servir de base pour planifier les étapes, organiser les financements et comparer les progrès réalisés.
Quelles aides existent pour financer un audit énergétique ?
Heureusement, il existe des aides pour réduire ou compenser le coût de l’audit. Certaines sont automatiques, d’autres nécessitent un accompagnement.
Quelle aide pour un audit énergétique ?
La principale aide nationale est MaPrimeRénov’ Audit, gérée par l’ANAH. Elle permet de couvrir une partie du coût de l’audit, à condition que celui-ci s’inscrive dans une démarche de rénovation plus large.
Le montant de l’aide dépend du niveau de revenus du foyer et du classement énergétique du logement. Pour les ménages modestes ou très modestes, l’aide peut atteindre jusqu’à 500 euros, voire plus si des dispositifs locaux viennent s’y ajouter.
Pour y prétendre, le logement concerné doit être une résidence principale, construite depuis plus de 15 ans, et affichant une étiquette F ou G sur le DPE. L’audit doit être réalisé par un professionnel certifié, inscrit sur la liste des auditeurs agréés.
Cette aide ne couvre pas la totalité du coût, mais elle peut alléger sensiblement la facture et faciliter la prise de décision pour engager les travaux ensuite.
Quel est le rôle de Mon Accompagnateur Rénov’ dans le financement ?
Mon Accompagnateur Rénov’ est un professionnel formé pour accompagner les ménages dans leur projet de rénovation. Il ne réalise pas l’audit lui-même, mais il joue un rôle très important dans le montage administratif et financier.
Il aide à repérer les aides mobilisables, à remplir les dossiers de demande, à vérifier les devis et à suivre l’évolution du projet. Il peut aussi orienter vers des artisans certifiés RGE et proposer un calendrier réaliste pour les travaux.
Sa prestation peut, elle aussi, être financée par l’ANAH, selon les revenus du foyer. Dans certains cas, la prise en charge peut aller jusqu’à 2 000 euros, notamment pour les projets les plus complets ou les situations prioritaires (précarité énergétique, insalubrité).
L’intervention de Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire dès lors que le projet implique plusieurs postes de travaux et dépasse un certain montant. Il garantit une vision claire et structurée du parcours de rénovation.

Cas concrets de financements combinés
Pour mieux comprendre comment ces aides s’articulent, voici quelques exemples typiques.
Un propriétaire d’une maison classée F en zone rurale, avec des revenus modestes, fait appel à un auditeur pour préparer une rénovation et gagner deux lettres au DPE. Il reçoit 500 euros d’aide via MaPrimeRénov’ pour son audit et sa collectivité prend en charge 200 euros supplémentaires. L’intervention de Mon Accompagnateur Rénov’ est également financée à 100 %. L’audit lui coûte moins de 100 euros.
Une copropriété de 20 logements, construite dans les années 70, vote un projet de rénovation énergétique. Le syndic commande un audit global, subventionné en partie par l’ANAH. Les copropriétaires bénéficient d’aides individuelles selon leurs profils. L’audit est financé à 50 % par des aides publiques, le reste réparti entre les lots.
Une petite entreprise, soumise à l’audit tertiaire réglementaire, mandate un bureau d’études. Elle bénéficie d’un soutien via un dispositif local porté par la région. L’audit entre dans le cadre de sa stratégie RSE et ouvre l’accès à d’autres financements pour les travaux à suivre.
Un coût, mais surtout un levier pour bien rénover
L’audit énergétique représente un investissement, mais c’est aussi un outil très intéressant pour mieux cibler les travaux et accéder aux aides disponibles. Il n’est pas toujours obligatoire, mais dans de nombreux cas, il devient un passage stratégique pour sécuriser un projet de rénovation.
Selon la situation, le financement peut être pris en charge en partie par des dispositifs publics. Et l’accompagnement par des professionnels comme Mon Accompagnateur Rénov’ permet de ne pas avancer seul.
Comprendre qui doit payer l’audit, à quel moment et comment alléger ce coût, c’est déjà poser les bases d’un projet plus clair, plus efficace et mieux maîtrisé. C’est aussi une première étape vers une transition énergétique réussie. Portée par des acteurs formés et engagés, comme ceux que l’ENOV prépare aux enjeux de demain.
